Scientifiquement

La question se pose de savoir si tous les impacts d’exploitation de granulats marins ont été recensés de manière scientifique et sont pris en compte à leur juste valeur.

En effet au vu de la lecture des travaux menés par les équipes de l’IFREMER ou du CNRS, il est temps de lever le voile sur des travaux, certes irréprochables du point de vue scientifique, mais toujours présenté sous un angle non-défavorable à l’exploitation des fonds marins.

A défaut d’avoir pu lire la thèse  » IMPACTS MORPHO-SÉDIMENTAIRES DE L’EXTRACTION DE GRANULATS SUR LES FONDS MARINS DE LA MANCHE ORIENTALE » soutenu le 09 juillet, mais toujours en relecture, nous nous sommes basés sur le rapport du GIS SIEGMA 2010. (GROUPEMENT D’INTERET SCIENTIFIQUE « Suivi des Impacts de l’Extraction de Granulats MArins »)

Pour exemple nous prendrons le page 22 (Figure 10 : Zones potentielles de dépôt des sables de 200 μm en fonction de la vitesse du courant) de ce rapport qui montre une retombée uniforme autour des zones exploitées, des plus gros sédiments (200 μm ) rejetés.

Voici nos remarques :

  • Les vases plus fines (10 μm), et pourtant plus nombreuses ne sont pas pris en compte,
  • Nous ne savons pas l’épaisseur des vases qui se dépose sur le fond marin, ni leur composition granulométrique,
  • Il n’y a pas d’analyse précise des vases rejetés (% de résidus organiques, par exemple),
  • Les courants de marée sont ignorés, et le parcours des vases fines est ignoré, en particulier le fait que des dépôts de vases noirâtres apparaissent sur les rivages,
  • Nous n’avons pas d’indication si la turbidité des eaux de la Manche augmente significativement,
  • Il n’y a pas de prises de vues sous-marine avant exploitation qui puisse servir de référent à des études à venir,
  • Il n’y pas de prise en compte des mauvaises conditions météos, fréquentes en Manche (vent, courant et surtout la houle qui remue le fond marin jusqu’a 30-40 m)
  • L’impact sur le pied des falaises est oublié
  • Que se passe-t-il lorsque la drague repasse à un endroit déjà exploité, et remet en suspension de plus en plus de vases.
  • Etcétéra, Etcétéra…

Nous pourrions poursuivre notre liste sur le même sujet ou avec d’autres exemples, mais l’oubli de certaines analyses scientifiques de premier plan nous semble déjà établi.

La mer mérite mieux que cela, et nous appelons a une prise de conscience sur la destruction de des fonds marins : c’est l’Amazonie sous-marine qu’on assassine.

Établissons un moratoire sur les exploitations de granulats marins, le temps qu’un comité scientifique indépendant rende ses conclusions, afin qu’une consultation publique voit le jour.

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