impacts sur les falaises de craie

Ce qu’il est possible de dire de l’impact des exploitations de granulats marins sur les falaises du pays de Caux.
La simple distance à la côte (8 MN dans ce cas) d’un site d’extraction de sédiments n’est pas un argument pertinent pour déterminer si des conséquences se produiront à terme sur le rivage. Doivent être pris en considération, en particulier, les profondeurs auxquelles se font les extractions, les caractéristiques des houles générales parvenant sur cette partie d’avant plage et de littoral, en tenant compte des caractères des houles les plus fortes, celles générées par les tempêtes, également en tenant compte éventuellement d’événements tempétueux exceptionnels si l’on en a une connaissance précise, ainsi que la granulométrie des sédiments des fonds et du littoral.

Saint Pierre

Ces éléments sont, entre autres, les paramètres qui déterminent les possibilités pour les houles de mobiliser les fonds sédimentaires entre le littoral et la zone d’extraction. Le principe repose sur la limite sous-marine de la plage sédimentaire, c’est-à-dire la limite à partir de laquelle on peut considérer que les effets des houles ne se font plus sentir en terme de déplacement des sédiments notamment en direction du littoral depuis les fonds marins ou, à l’inverse, en direction du large depuis le littoral selon les conditions de mer. Si le phénomène est décrit anciennement de manière théorique par un arrêt de l’action des houles sur les fonds de profondeur supérieure à leur demi-longueur d’onde, il apparaît que cette limite demeure particulièrement difficile à cerner dans nombre de cas, tout simplement par manque de données mesurées et d’observations suffisantes, et sur le long terme, faites sur les houles.

Saint Pierre

Aussi, dans la littérature, on trouve plusieurs réponses : limite préétablie ou formulations mathématiques permettant de fixer cette profondeur limite d’action des houles. D’un côté, on y trouve ainsi une limite fixée à 20 ou 25 m de profondeur pour les endroits exposés.

D’un autre côté, en fonction des calculs établis à partir des conditions observées sur les sites d’exploitation, on trouve des profondeurs limites qui peuvent se situer, dans les secteurs abrités à environ 5 m de profondeur (au-delà, vers les profondeurs plus importantes, les extractions n’ont aucune conséquences sur les rivages) jusqu’à des profondeurs de plusieurs dizaines de mètres pour les sites les plus exposés.

Par ailleurs, les observations, qui commencent néanmoins à se multiplier du fait de la croissance de la demande en agrégats marins dans nombre de pays, montrent que des remaniements de sédiments peuvent, dans les cas de houles de tempête, avoir des effets sur des fonds largement supérieurs à ce que prédit la théorie.

Veulettes

C’est le cas pare exemple des bancs de sable dans l’entrée de la Manche où les effets des courants de marée s’additionnent aux effets des houles de tempête. Cependant, l’essentiel des modélisations qui peuvent être faites dans le but de mettre en évidence soit des effets pervers, soit une absence d’effets des extractions sur les littoraux ne peuvent se baser que sur les données existantes. Or celles-ci n’existent pas…

Se prononcer sur la question posée n’est réellement pas simple. En l’absence de ces connaissances, la prudence devrait être de mise. Les intérêts économiques vont sans doute plus vite que la science en ce domaine.

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