Abécédaire du granulat marin

Les projets d’exploitation de granulats marins sont un bon révélateur de notre politique environnementale, et de nos comportements humains.

Nous allons vous décrire comment les industriels en sont arrivés à mettre en place un système complet impliquant toutes les institutions dites représentatives de notre société, faisant lever tous les garde-fous dans leur course au profit.Nous connaissons parfaitement les principaux acteurs de cette industrie. De A à Z, leurs activités et leurs fonds de commerce nous sont connus. Si leurs noms nous semblent familiers, qu’en est-il vraiment ?

Autrement dit, qui fait quoi ?

Finalement, nous avons retenu la formule de l’abécédaire

Agence de communication: pool de lobbyistes spécialisé dans le réseautage, payé par les exploitants de granulats marins afin de convaincre journalistes et décideurs que l’exploitation de granulats augmente la biodiversité, et améliore la qualité des eaux de mer. En dernier ressort, pour dire que ce n’est pas grave, qu’il faut être adulte, et qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Un rôle ingrat.

CNRS : Centre National de la recherche Scientifique. Organisme de l’état Français en charge des recherches scientifiques en amont. Il alimente les modèles numériques  de l’IFREMER avec les données du terrain. Ne souhaite pas donner d’avis sur la nocivité des projets mais collabore activement avec les exploitants de granulats marins.

CSLN ou Cellule  de suivi de littoral Normand : Association créé par la préfecture, c’est  la petite main des chercheurs pour le prélèvement et les études. La liste des partenaires industriels (http://csln.fr/nos-partenaires) comprend tous les pollueurs patentés de la côte Normande.

DRASM : Le Département de Recherche Archéologique Sous-Marin du ministère de la culture, ne soucie pas particulièrement des épaves se trouvant dans les zones d’exploitation, et son directeur encore moins.

DREAL : Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. Elle suit les dossiers des soumissionnaires avec les services réglementaires de la préfecture. Elle valide le dossier d’enquête publique, et l’envoie pour signature au ministère des finances. Ils répondent aussi aux courriers envoyés par les citoyens au ministre de l’écologie en reprenant les arguments de l’IFREMER et des exploitants de granulats marins contenus dans l’enquête publique.

Enquête publique : Enquête administrative au service du citoyen, et dont l’avis final rédigé par un commissaire enquêteur est toujours favorable aux industriels pollueurs. En bref, procédure inapplicable pour des territoires sous-marins situés à plusieurs Kms des côtes.

Gardien de la côte : Individu passionné décidant de réagir face à la destruction annoncée d’un milieu naturel qu’il connait bien.

Géologue : Formé dans nos écoles des mines ou nos universités.

Comme l’a illustré un allègre ministre chasseur de mammouths, la durée immédiate n’a pas d’effet à l’échelle du monde géologique.Avec lui, l’espace s’efface devant le temps, le big-bang est son point de départ, et la fuite en avant sa ligne d’horizon…Que son exploitation détruise la biodiversité à grande échelle, quelle importance que cela, puisque ce n’était pas là du temps des dinosaures, et que ce ne sera plus la dans 1 milliard d’années…Il a la tête aussi dure que les granulats marins qu’il aspire ou que les roches qu’il fait exploser.Sa sensibilité est minérale.La flore ou la faune ne représentent rien pour lui, ce n’est qu’un effet de bord à traiter dans des dossiers administratifs. Et puis ils payent des gens pour s’occuper de cela…Un peu comme un grand enfant avec ses pétards, il emmerde le monde mais justifie son enthousiasme de destruction par la nécessité des disposer de matières premières. Il fait un métier d’homme, c’est difficile.

GIS SIEGMA : Groupuscule d’intérêt scientifique qui étudie les fonds marins pendant que les industriels exploitent. C’est l’arme de choc des exploitants qui achète ainsi la collaboration des scientifiques.  Verrouille toute information. Dirigé par un géologue qui se pique de biologie.

IFREMER : Institut Français de recherche pour l’exploitation de la mer. Organisme d’état qui a dressé le catalogue géologique des sites potentiels le long des côtes françaises, certains scientifiques en sont membres depuis des dizaines d’années, d’autres sont maintenant responsables d’exploitation de granulats marins. L’IFREMER donne les avis favorables, réservés ou parfois défavorables lors des enquêtes publiques…son avis n’est que consultatif.

Journalistes : Professionnel de l’information composé d’égos forts, dont l’intérêt pour une information environnementale reste un mystère pour un défenseur de l’environnement.

Ministère de finances : Personnes ne connaissant rien aux lieux impactés, et qui signe les décrets d’autorisation pour une période de 30 ans.

Ministère de l’écologie : Ministère du consensus environnemental. Il n’a pas répondu à la question écrite d’un député EELV et délègue toutes les réponses a la DREAL Haute-Normandie.

Partis politiques : Individus responsable de la situation présente, pas de celle du futur.

Au niveau départemental et régional, les ronds-points apparus dans les années 1990-2000 sont le meilleur exemple de leur collaboration  avec des sociétés expertes en infrastructure routière, et aussi exploitantes de granulats…

Les partis politiques (PS, UMP, EELV) se cachent derrière le respect des enquêtes publiques, et délèguent aux scientifiques leur responsabilité vis à vis des pollutions à venir.

Préfecture de Haute-Normandie : Défend sans le dire la cause des exploitants de granulats marins. Elle vérifie que les procédures de l’enquête publique ont été respectées par le soumissionnaire, et signe l’arrêté d’ouverture des travaux. Elle oublie généralement d’informer les empêcheurs d’exploiter en paix.

Les pécheurs ou plutôt le Comité des pêches local : Leur passivité confirme que le pécheur n’ont jamais été des défenseurs de la mer nourricière, mais bien des prédateurs à court terme (voir l’exemple de la pèche a la morue a Terre-neuve)

Protecteurs de l’Environnement : Illustrent que les Hommes ne défendent pas toujours la nature par passion.

  • Ceux de type 1 : FNE (France Nature Environnement) ou UICN (Union conservation de la nature) rédigent des contributions critiques qu’ils défendent dans des commissions, ou des réunions de suivi d’exploitation, prenant le risque de collaborer avec les destructeurs de l’environnement.
  • Autre type, SURFRIDER, beaucoup plus combatif que ceux du type 1, privilégiant une approche locale et autonome.

Plongeurs sous-marins : Individus  par qui le scandale est arrivé

La FFESSM (fédération française d’études et des sports sous-marins) n’est qu’un organisme agréé par le ministère des sports, et les dirigeants élus de cette fédération sont impuissants. Au niveau local les plongeurs sont des bénévoles impliqués dans des structures nécessitant souvent un soutien financier, parfois ce sont des professionnels œuvrant dans le BTP… Dans l’esprit du public les plongeurs protègent la mer, et certains ont rejoint le collectif TOTEM2MER.

Peuple des dunes en Trégor : Collectif local se mobilisant contre le projet local d’exploitation de sable coquillier en baie de Lannion.

UNICEM ou UNPGUnion des Cimentiers ou Union Nationale des Producteurs de Graviers : Groupes de pression qui permettent aux exploitants de granulats marins (VINCI, LAFARGE, CEMEX, ITALCEMEMTI, etc..) d’exploiter en paix une ressource non-durable  tout en détruisant des écosystèmes primaires a large échelle.

TOTEM2MER : Collectif d’individus masqués informant les citoyens sur les impacts nocifs des exploitations de granulats marins

A vous de vous faire une idée des responsabilités des uns et des autres, mais au final le nerf de la guerre, c’est l’argent généré par ce type d’exploitation de matières premières. Pour parler comme les industriels, les impacts sur l’environnement font partie de l’effet de bord.

Une fatalité qui justifie la corruption et la collaboration  de la plupart des acteurs de cette comédie humaine.

Tout ce beau monde oublie que la mer mérite mieux, et que ce mépris de la nature est indigne.

 

 

 

 

 

 

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